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Les fantômes de Roland Garros

Léon M. - 03.06.05

C'est bien joli de kiffer en regardant Roland-Garros, mais avez-vous pensé aux fantômes? Pas ceux des vaillants vainqueurs du passé, mais ceux des prisonniers politiques qui y furent détenus dans les années 1939-41.

L'affaire est sinistre et peu connue, sauf par les lecteurs de Le zéro et l'infini d'Arthur Koestler. En 1939, pendant la "drôle de guerre", le gouvernement français transforma le stade en minicamp de concentration. S'y retrouvent des trublions politiques et des étrangers. Koestler bénéficia de cette hospitalité, au triple titre de communiste hongrois juif. Il raconte :

"A Roland Garros, on s'appelait entre nous les troglodytes, nous étions six cents à vivre sous les escaliers des tribunes. On dormait sur la paille, de la paille humide car la place manquait. Entassés les uns sur les autres, on avait l'impression d'être des sardines. Peu d'entre nous s'y connaissaient en tennis, mais pendant les promenades autorisées sur les courts, on pouvait encore voir les noms de Borotra and Brugnon sur les tableaux d'affichage. On faisait des jeux de mots sur les doubles mixtes et de fait, comparé à nos expériences passées et futures, Roland Garros était presque un parc d'attraction."

En 1940, Koestler réussit à s'évader pour Londres.

Ici commence une polémique : sous Vichy, Roland Garros a-t-il servi de centre de triage pour les juifs en partance pour les camps nazis? Des médias anglo-saxons l'ont dit, et l'info a un peu circulé sur le Net. D'autres sources démentent : il y aurait confusion avec le Vel' d'Hiv. Les éléments du débat :

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