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Chirac et Fabien Barthez ont un point commun: ils aiment se mettre en danger pour être au top de la forme. Verdict pour Chirac, le 29 mai au référendum. Pour Barthez, ce soir à Tel-Aviv contre Israël.

Il y a trois jours Barthez lachait des phrases sincères mais imprudentes, comme quoi il n'a pas envie de jouer en Israël parce qu'il a un gosse et qu'il y a des risques.
Du coup un stade de 40 000 supporters bouillants l'attend ce soir. Fabien s'est mis la pression tout seul. Il adore ça. Comme écrit l'Equipe ce matin : "Il n'est jamais meilleur que quand il se sent en danger."
Chirac a lui aussi raté les occasions, comme les Bleus contre la Suisse et Israël au match aller : c'était le 4 mars, quand il a annoncé la date du référendum furtivement, par dépêche d'agence, sans se prendre les Français en face à la télé, sans lyrisme et sans cadrer le débat.
Maintenant, il va falloir sortir les tripes. Jacques s'est mis la pression tout seul. Il adore ça. Il fait confiance à l'improvisation de dernière minute et à son étoile.
Son équipe, le OUI, aussi sûre de gagner que la France de se qualifier (de droit divin) pour la coupe du monde 2006, n'avait ni plan de campagne, ni fond de jeu, ni bloc-équipe. Ca saute aux yeux aujourd'hui : arguments mal rôdés, manque de vision qui se révèle au premier accident de jeu, type affaire Bolkestein. Du coup, c'est le OUI qui passe sur la défensive et, tous les stratèges vous le diront, ce n'est jamais bon de jouer tout le match dans sa moitié de terrain. Sauront-ils se transcender pour se ressaisir?
Mauvais feeling, les galactiques du Oui subissent de plus la malchance du destin - celle qui colle aux crampons de tous les perdants : les aléas du match sont contraires. Le Bolkestein survient au plus mauvais moment tel un pénalty de la 5ème minute, affaire Gaymard (corner rentrant), loi Fillon, fermetures de bureaux de poste dans la Creuse et menaces sur les services publics, crise de l'immobilier, mauvais chiffres du chômage couplés aux bénéfices records des grandes entreprises, pots de vin sur le marché des lycées d'Ile de France, tout tombe le même mois. Les contres et les faux rebonds systématiquement défavorables, ça mine.
Verdict pour Chirac, le 29 mai au référendum. Pour Barthez, ce soir à Tel-Aviv, en match déjà décisif. Si les Bleus gagnent, ils sont presque qualifiés pour 2006. S'ils perdent, ils sont out. Trois cas de figure :
- les deux réussissent leur coup. La France bat Israël ce soir et c'est Oui au référendum.
- les deux se ramassent. Israël 1 - France 0. Non au référendum.
- L'un gagne l'autre perd. Lequel?
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