Accueil » Cyber / Hardcore » Articles »
Si chacun peut modifier les articles de Wikipedia, cela laisse la possibilité de trafiquer ces derniers... Mais à qui profite le crime? Un site se fait fort de mener l'enquête...
Wikipedia, on le sait, est une encyclopédie entièrement rédigée par des bénévoles et dont les textes peuvent être corrigés ou complétés à tout moment par n’importe qui, vous et moi, pourquoi pas. Il n’y a pas vraiment de censure mais, tout de même, un comité (bénévole également) surveille les ajouts pour éviter les blagues et canulars les plus grossiers.

Wikipedia
Par exemple, un petit débauché avait, dans l’article sur Condoleezza Rice, remplacé le mot « piano » par « pénis ». Un autre avait introduit 12 fois dans l’article sur le Président Bush le mot « jerk » (branleur). Ces incorrections avaient disparu au bout de quelques heures.
Mais il y a des manipulations beaucoup plus insidieuses, que le comité n’est pas en mesure de corriger. Elles émanent de grandes entreprises ou de politiciens qui veulent rendre leur image plus cool. Exemples : le parc d’attraction SeaWorld a supprimé un paragraphe entier critiquant les conditions de vie des orques, et remplacé ailleurs le nom « orque » par « killer whale » (baleine tueuse) ; PepsiCo a supprimé plusieurs passages signalant les effets néfastes sur la santé de boissons comme le Pepsi-Cola ; Diebold, l’entreprise qui fabrique les machines à voter, a viré tous les commentaires critiques ; Wal-Mart, la chaîne de supermarchés, à fait disparaître des phrases sur des irrégularités concernant le salaire des employés ; Exxon a modifié le texte sur la marée noire de l’Exxon Valdez en Alaska, minimisant les dégâts sur la faune sauvage et vantant ses efforts d’indemnisation ; SCO, un fabricant de logiciel, a voulu cacher les procès sur des droits piqués aux logiciels libres ; Dell a changé le paragraphe qui montrait les inconvénients de la délocalisation à l’étranger des hotlines et autres services de renseignements pour les consommateurs ; plusieurs parlementaires ont été pris la main dans le sac après avoir donné un tour plus favorable aux articles sur eux… Toutes ces modifications sont désormais rectifiées.
Car WikiScanner veille. Ouvert depuis quelques mois, ce site est l’œuvre de Virgil Griffith, 24 ans, un jeune chercheur en psychologie à l’Institut de Santa Fe. Il a notamment élaboré des logiciels qui lui permettent de trouver l’origine des modifications douteuses. Jimmy Wales, le créateur et patron de Wikipedia, a déclaré qu’il se félicitait qu’un tel site existe, puisqu’il ne peut qu’améliorer l’image de marque (objectivité et rigueur) de son site.

Virgil Griffith, fondateur de WikiScanner