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Le mensuel So Foot a rassemblé des petites phrases cultes du football, à relire après la finale...

Après le spectacle à rebondissements offert hier par la France et l'Italie, c'est l'occasion de se plonger dans le Petit Livre Vert, histoire d'y chercher un peu de réconfort, et surtout quelques citations à interpréter à la lueur de la défaite.
On pense d'abord à Philippe Gildas: “L'effet Mondial, c'est comme le Viagra: plaisir d'amour ne dure qu'un moment“. Après un mois passé à s'exciter, tous mouillés, c'est vraiment la débandade: Claude Droussent, l'éditoraliste moraliste de L'Equipe, après avoir parlé de “l'ange bleu“, insulte quasiment Zidane dans son canard qui retourne sa veste aussi vite que Cristiano Ronaldo plonge dans la surface. Les Champs Elysées sont clairsemés, TF1 a annulé son émission “Merci les Bleus“, sur France 2, David Pujadas, entouré d'un psy et d'un politique, a avoué que ses invités s'étaient décommandés... Plus personne ne veut entendre parler de foot, et le chiffre d'affaires des pizzerias devrait morfler cet été.
Comme on dit, les penaltys, c'est la loterie. C'est donc le destin qui choisit. Et dans ce rayon, les Italiens avaient l'histoire pour eux. Eliminés des quatre dernières coupes du monde à l'épreuve des tirs au but, crucifiés en finale du Championnat d'Europe en 2000, les Transalpins auraient pu déposer une réclamation au Vatican pour abus de pouvoir divin en cas de cinquième défaite d'affilée.
C'est un Anglais qui le dit, Paul Thompson, le batteur des Franz Ferdinand: “Pour mériter ta joie quand l'équipe gagne, tu dois subir la tristesse des défaites“. Un Britannique parlant de défaite ne saurait mentir. La France ne peut guère concurrencer la Squadra Azzura, même avec Seville 82 ou Glasgow 76. Au moins maintenant, on sait ce que c'est que de perdre en finale aux tirs au but.
Trop facile 98, trop incroyable ce but de Trézeguet en 2000. Aujourd'hui, les Italiens apprécient leur victoire vachement plus que nous l'aurions fait. Ils gagnent comme en 1982, comme ils aiment, dans un parfum de scandale, au beau milieu d'une histoire de matchs truqués.
Le destin a donc choisi, même s'il nous a longtemps laissé croire qu'il basculerait de notre côté, encore une fois. La faute à Zidane, et son rêve de l'année dernière, qui lui ordonnait de revenir en équipe de France: “Je suis resté comme interdit devant cette force qui me dictait soudain ma conduite. Je devais obéir à cette voix qui me conseillait“. Après cette apparition et des victoires contre l'Espagne, le Brésil, le Portugal, comment ne pas croire que tout était déjà écrit, et dans la langue de Molière, Dante pouvait retourner aux Enfers ?
Mais non, Dieu a choisi un destin de punk pour Zizou, qui a fait un résumé de sa carrière le temps d'un Mondial. Pour son dernier match, il a vraiment tout lâché, de la Panenka au coup de boule. “Terroriste“, “sale musulman“, “fils de Moggi“, on ne sait pas trop ce qui est arrivé aux oreilles du héros. Lui qui disait il y a quelques temps: “Les gestes, je les ai et je les aurai toujours. Mais la technique, ce n'est pas simplement le geste. C'est savoir le faire, quand le faire et pourquoi le faire..“ Son dernier geste sur un terrain aura été d'une technique irréprochable. Seul l'efficacité lui a fait défaut. Il aurait pu viser la tête.
Le dernier mot est pour Ronaldo, le copain de Zidane, pour cet axiome de premier plan: “On a perdu parce qu'on a pas gagné“. On a longtemps cru que c'était une des phrases les plus stupides du Petit Livre Vert. En fait non.
Le Petit Livre Vert, anthologie de la parole footballistique, par So Foot (224 pages, 15 euros, éditions Panama)
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